Faisant suite à ce que j’avais écrit sous l’arbre

La première fois que j’ai écouté ce morceau, j’allais pas bien…

Un genre de tristesse installée, comme me squattant…
Ingrid allait jouer à Cazères, et une amie m’avait parlé d’elle… Je me demandais si ça valait le coup d’y aller…
A l’écoute, un effet très étonnant… comme une décompression d’un fichier zippé…
On se ballade parfois, avec dans la tête des fichiers zippés que l’on s’use à tenter de décompresser pour pouvoir les lire et comprendre enfin, en quoi ils nous font souffrir. En plus ils ont parfois un mot de passe.. ça semble se décompresser, un espoir de délivrance naît, et à un moment ça coince, on n’a pas le mot de passe…
Je tournais depuis quelques jours, en boucle sur des émotions mal gérées, et là , à l’écoute de cette musique-là, quelque chose se détendait, se laissait regarder… j’y avais accès…
Les boucles d’Ingrid cassaient mes propres boucles toxiques. Comme si il y avait un détournement , un piratage de mes données intimes…
J’évoque des boucles, c’est pour faire simple, il y a des boucles, puis des sons se posent par-dessus, parfois par-dessous 🙂
Elles auraient pu m’enfermer encore plus, m’étouffer presque. Tourner en boucle c’est une toxicité reconnue, et là, c’était le contraire

J’écris ça en étant dans le train de retour chez moi… et je viens de réécouter ce morceau là, et d’autres qui sont sur son site… A nouveau, un effet apaisant, même si des fois je me sens emmené dans des espaces étrangers qui me feraient presque peur…

L’écoute dans le train, ajoute à la musique, des sons de roulements qui peuvent se fondre dans les boucles d’Ingrid…
J’écoute le bruit du train et j’y entends aussi des boucles, avec ce claquement régulier des roues sur les soudures de chaque nouveau rail qui font ce bouleau dingue, de nous porter malgré leur discontinuités…  

Quelques jours avant de rentrer, je suis dans la maison de mes enfants… Dans la pièce à côté, Louis (petit fils) 23 ans répète un morceau de batterie, il a le casque sur les oreilles, et bosse… Je suis étonné de l’entendre jouer des trucs assez complexes, il progresse l’animal…
Je suis de l’autre côté de la cloison, et par hasard, je retombe sur un morceaux d’Ingrid… les sons se superposent à leur insu… j’enregistre avec le téléphone pour garder une trace pourrie certes mais bon..…  

Je fais écouter le résultat à Louis, qui me dit “Ha j’étais pas en rythme” ne prêtant pas l’attention au filet de son de la musique en fond. J’insiste… il rigole et dit “Ha oui c’est marrant.” J’envoie le son à Ingrid, qui commentera brièvement, “c’est intéressant” me souhaitant du bon temps avec mes petits enfants … 
Pour ma part je me prends à imaginer un mix de morceaux d’Ingrid avec un batteur, voir même tout un groupe de rock… Avec une intention, non pas de dialogue mais de lutte, pas forcément l’un contre l’autre, mais côte à côte… Je trouve que cette idée est géniale et que dans un siècle on en saisira tout le côté visionnaire…
En continuant à écouter d’autres morceaux, d’autres expérimentations , ça me renvoie à cette question :
Mais c’est quoi la musique contemporaine?


Ayant passé , étant jeune, une bonne douzaine d’années dans des usines, où la ferraille qu’on maltraite ne se gêne pas pour t’écorcher les oreilles, histoire de te gueuler “Je ne me laisserais pas faire…” Et quand tu rentres chez toi ,avec cette impression de t’être fait laver le cerveau par ce bruit incessant… Si par ailleurs pour des raisons culturelles tu adores les harmonies des musiques dites baroques… Alors la confrontation avec de la musique contemporaine, te fait soucis…
Même si tu te souviens , il y a bien longtemps, avoir chanté dans une chorale, du Messian et autres joyeuseté, et y avoir trouvé un certain confort , après pleins de répétitions. Oui j’ai ce souvenir qu’à force on y trouvait un certain sens….
Il n’y a rien à faire, quand j’entends des sons qui dissonent, qui n’ont pas une mélodie chantable par un quidam, j’ai du mal.. J’avais entendu un intello, parlant de ces musiques et proposant qu’on appelle ça de l'”art plastique sonore”… les sons devenant des matériaux qu’on sculpte…
On ne rangerait alors, plus ces expressions comme de la musique, mais comme de la sculpture sonore, par exemple…

La question qui me taraude toujours avec l’art contemporain , c’est
A quel moment on se fout de ma gueule…?
Mes défenses tombent assez vite quand les gens qui cultivent ces pratiques ou pratiquent ces cultures (Oui ça marche dans les deux sens) sont des gens avec qui s’est établi une relation de proximité…

Ici , j’en suis au début… on verra…

Ceci dit, l’album en version numérique d’Ingrid est , et si vous voulez une version physique il faut lui demander directement ici

Catégories : Chronique

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